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les ressources naturelles

La question des ressources naturelles est tout à fait essentielle lorsqu'on traite du développement durable; elle en est même le fondement, puisque la doctrine du développement durable a émergé de la notion de risque qui est née à partir du moment où les sociétés ont interrogé leur rapport avec la nature et ses ressources. 

LES RESSOURCES NATURELLES ( DEFINITION )

Une ressource naturelle est une matière première, dont les propriétés sont utilisées, par l'homme ou par d'autres espèces vivantes, pour satisfaire un besoin. Les ressources naturelles peuvent être utilisées à l'état brut, moyennant toutefois divers procédés qui ne les altèrent pas (c'est le cas des végétaux et des animaux, mais aussi des énergies renouvelables qu'on tire de l'air, du vent, de l'eau, du soleil). Elle peuvent également être transformées pour être exploitées - et il s'agit là essentiellement des énergies fossiles telles que le charbon, le pétrole, le gaz naturel ou l'uranium. 
Une ressource en tant que telle est un moyen dont on dispose pour accomplir une tâche ou obtenir un produit. Parler de ressource naturelle revient ainsi d'emblée à envisager la nature comme fournissant à l'homme des moyens d'assurer son développement. Il faudra sans doute toujours garder à l'esprit et prendre acte du fait que tout discours incluant les ressources naturelles procède d'une vision utilitariste du monde: il s'agit en général de déterminer à quel rythme et selon quelles modalités ou conditions telle ou telle ressource pourra être exploitée. Dans cette perspective, tout discours qui parlerait de ressources naturelles tout en interdisant par exemple leur usage, pourrait être considéré comme contradictoire. 

LES ENJEUX DE LA GESTION DES RESSOURCES NATURELLES

L'OCDE publiait en 2001 un document définissant les stratégies en terme de développement durable à l'échelle internationale, par l'intermédiaire de son Comité d'aide au développement (CAD). L'extrait suivant pose très clairement les enjeux liés à la gestion de nos ressources naturelles:[...] on observe un épuisement des ressources naturelles (érosion des sols, déforestation, destruction des habitats et de la biodiversité, épuisement des ressources halieutiques), ainsi que des phénomènes de pollution, qui touchent à l'évidence la plupart des pays et constituent un danger de plus en plus menaçant pour la qualité de l'eau, du sol et de l'air. Les modes de production et de consommation actuels et le changement climatique à l'échelle planétaire sont autant de facteurs qui conduisent à se demander si la base de ressources naturelles de la planète va rester suffisante pour subvenir aux besoins d'une population mondiale de plus en plus nombreuse et citadine. Certaines études récentes ont révélé que la terre a perdu 33% de ses richesses en écosystèmes et en ressources naturelles renouvelables au cours des trente dernières années, période pendant laquelle la demande a, elle, augmenté de 50%. [...] ? (Les lignes directrices du CAD. Stratégies de développement durable, OCDE, 2001, p. 20, http://www.oecd.org/dataoecd/4/42/31588757.pdf) 

LES RESSOURCES NATURELLES : UNE MATIERE A LA DISPOSITION DE L'HOMME

Ainsi, la question des ressources naturelles induit directement celle de l'exploitation qu'en fait l'homme: on distinguera par exemple entre la biomasse en tant que telle, qui comprend l'ensemble des organismes vivant sur notre planète (micro-organismes, animaux, végétaux), et la biomasse entendue comme ressource naturelle, qui renvoie à l'exploitation énergétique des plantes et des arbres uniquement. Au sens strict, une ressource naturelle est bien un produit ou un phénomène de la nature qu'on exploite pour en tirer un usage. On parlera même dans ce sens d'une ressource comme représentant un capital. 

 

LES RESSOURCES NATURELLES BIOLOGIQUES ET LES RESSOURCES NATURELLES ENERGETIQUES

On peut dégager deux grands types de ressources naturelles: les ressources biologiques d'une part, et les ressources énergétiques d'autre part. Les ressources naturelles biologiques sont l'eau que l'on boit, les sols que l'on cultive, l'air que l'on respire, les forêts qui assurent notamment l'oxygénation de l'atmosphère, et l'ensemble des végétaux et animaux. Quant aux ressources naturelles énergétiques, elles sont par définition celles qu'on exploite afin de produire de l'énergie. Il s'agit de l'air, du soleil, de l'eau, de la géothermie, des végétaux, et des matières fossiles telles que le charbon, le pétrole, le gaz naturel ou l'uranium. Bien sûr, on peut toujours ramener les propriétés des ressources biologiques à des effets énergétiques: les aliments que nous consommons ne se transforment-ils pas en énergie chimique, que nos muscles à leur tour transforment en énergie mécanique? Mais nous maintiendrons la distinction, en arguant du fait que les enjeux énergétiques des ressources biologiques existent sont indirects. première 

LES RESSOURCES NATURELLES RENOUVELABLES ET LES RESSOURCES NATURELLES NON RENOUVELABLES

On distingue souvent les ressources renouvelables et les ressources non renouvelables. On comprend dans les ressources renouvelables, ou bien celles qui se régénèrent naturellement, ou bien celles qui sont en quantité quasiment illimitée. C'est donc essentiellement la préservation de leur qualité qui nous intéresse ici, la question essentielle étant de connaître pour chacune d'elle ses seuils de tolérance à la pollution. Il faut préciser toutefois que c'est d'un point de vue global qu'est en général posée cette classification - car si l'on raisonne à l'échelle locale, il est bien évident que tous les territoires ne sont pas dotés des mêmes réserves (que l'on pense à l'eau, en particulier). Les autres ressources dites non renouvelables sont en quantité limitée, et c'est donc non seulement la gestion de leur qualité, mais aussi celle de leur quantité, qui nous importe. L'évaluation des réserves des ressources renouvelables est alors une question centrale, et dont la résolution dépend de nombreux facteurs. Par exemple, pour le pétrole, est-ce qu'on raisonne d'après les gisements connus, ou en incluant des gisements qu'on suppose à découvrir? - ce qui pose la question des capacités financières à rechercher et exploiter des gisements, ou encore des intérêts économiques à court ou moyen terme qu'il peut y avoir à freiner la recherche de nouveaux gisements, etc. Autre exemple: l'uranium est une ressource limitée dans la mesure où on utilise actuellement principalement de l'uranium-235 pour produire de l'énergie nucléaire, et que l'enrichissement du minerai naturel génère 0,71 % d'uranium 235 contre 99,28 % d'uranium 238, lequel n'est pas fissile. C'est donc au regard de notre technologie nucléaire actuelle que l'uranium est une ressource rare; si notre étions en mesure d'utiliser l'uranium 238, ou le thorium, les réserves deviendraient quasiment illimitées. 
Les deux distinctions (ressources biologiques ou énergétiques, et ressources renouvelables ou non renouvelables), ne sauraient être superposées: une ressource peut être biologique et renouvelable (l'air), biologique et non renouvelable (le thon rouge de Méditerranée, très bientôt), énergétique et renouvelable (le soleil), ou enfin énergétique et non renouvelable (le charbon). 

LES RESSOURCES NATURELLES: QUEL AVENIR ?

C'est bien l'ensemble des ressources naturelles qui est aujourd'hui menacé, et non pas seulement les différentes réserves d'énergie. Parmi les plus essentielles, c'est l'eau qui fait le plus cruellement défaut dans certaines régions du monde : l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient ou la Chine, mais aussi l'Australie, où l'on construit des usines de dessalement d'eau de mer dans toutes les grandes agglomérations, ou encore les États-Unis, qui travaillent activement à créer avec le Canada et le Mexique un réseau de transferts d'eau! Certaines espèces animales et végétales sont victimes de la déforestation ou de la surexploitation. Certains métaux, comme le lithium utilisé pour fabriquer nos piles et nos batteries, ou le palladium utilisé comme catalyseur, deviennent rares. D'une certaine manière, la question de l'énergie n'est d'ailleurs pas problématique en elle-même, du moins à court terme, puisqu'après tout, les pays émergents comme la Chine et le Brésil peuvent très bien continuer à utiliser du charbon pour leur industrie et le chauffage de leurs logements, et leur demande en est d'ailleurs croissante. Or, il semble que les réserves de charbon permettent une exploitation soutenue sur plusieurs générations. Alors évidemment, le bilan environnemental s'alourdirait encore, alors même qu'il est déjà menaçant à l'égard de la qualité de l'air, des eaux et des terres exploitées à travers le globe pour répondre à des besoins vitaux. 

POUR UN SCÉNARIO AU FIL DE L'EAU ?

Le bilan s'aggrave encore au regard de critères durables, si l'on songe aux types de réponses qui peuvent être apportés à ces problèmes. Pour reprendre l'exemple cité plus haut, les usines australiennes de dessalement des eaux de mer consomment énormément d'énergie, alors que les Australiens auraient pu choisir de recycler leurs eaux (ce qu'ils font extrêmement peu). Ou encore, que penser de l'usage de céréales comme le blé ou le maïs (que l'homme sans imagination cultivait depuis le néolithique pour se nourrir) pour fabriquer des carburants, provoquant ainsi une hausse phénoménale de leurs cours? La question des ressources naturelles est directement liée à celle des phénomènes climatiques, à l'omniprésence des utilisations des énergies, à la croissance démographique importante et aux conditions économiques qui déterminent des choix stratégiques. En ce sens, l'opposition entre les pays émergents et l'Occident, semble tout à fait décisive. 

 

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres définition du développement durable et de l'ISR


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