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Le transport durable

Le transport durable est une question tout à fait centrale, qui concerne d'un part les déplacements quotidiens en constante croissance de la population mondiale. La mobilité étant plus que jamais déterminante dans la performance économique, les impacts sociaux et environnementaux des transports sont considérables et doivent pour cette raison être maîtrisés. La question a pris une importance singulière avec la raréfaction prévue du pétrole, et la forte augmentation de ses tarifs. 

LES GRANDES LIGNES DU TRANSPORT DURABLE

Les transports génèrent différents impacts sur l'environnement :

  • ils sont responsables du quart des émissions de gaz à effet de serre dans le monde;
  • en rejetant du dioxyde de soufre, des oxydes d'azote et du monoxyde de carbone, et en produisant des particules inhalables de métaux lourds (plomb, cadmium...) ou de benzine, les voitures participent à la pollution de l'air, et provoquent des effets négatifs sur la santé (bronchites, asthme, maladies cardio-vasculaires, cancers);
  • les voitures et les camions sont responsables de la saturation urbaine;
  • les transports sont souvent la source de bruits importants (voitures, avions, trains) et de dangers (en particulier sur la route).

Les nuisances sont le fait des pays industrialisés, mais aussi des pays émergents. Ainsi, les populations des pays en développement, qui ont connu une explosion démographique et qui voient leur niveau de vie augmenter, achètent de plus en plus de voitures individuelles. Pékin a par exemple vu son parc automobile augmenter de 400 000 voitures en 2003...
Il existe plusieurs leviers pour lutter contre ces dommages : le développement des transports propres ou alternatifs, l'inter-modalité ou la multi-modalité, l'incitation au co-voiturage. 
L'urbanisme constitue également un moyen d'action. Il faut en effet mentionner le fait que l'étalement urbain sur toute la planète entraîne une multiplication des trajets pendulaires.

Afin de développer des transports propres, des aménagements sont réalisés par l'Europe, l'État ou les collectivités territoriales. Ou encore, la Commission Européenne édicte des normes de rendement énergétique destinées aux constructeurs de voitures. On peut s'attendre à ce que les contraintes soient de plus en plus pressantes.

Du côté du marché, on assiste à une concurrence croissante des constructeurs sur le terrain de la voiture écologique, et en particulier de la voiture électrique, qui sera probablement la voiture de demain.

 

COMMENT SE DIRIGER VERS DES TRANSPORTS DURABLES

Améliorer les transports dans un sens durable comprend deux aspects :

  • changer ou adapter les modes de transport,
  • améliorer la gestion des flux.

Cette distinction est autant valable avec le transport de marchandises qu'avec le transport des personnes.
Concernant le fret, il s'agit bien sûr de sortir du " tout routier " et de se reporter sur des modes de transports doux (rail, voies navigables). Et cela, alors que, durant les dernières décennies, on a progressivement abandonné l'usage du rail et du fleuve.

Pour changer les choses durablement, il est absolument indispensable de respecter certains impératifs économiques. On aura donc intérêt à privilégier des combinaisons entre les différents modes de transport, selon la spécificité des besoins de tel ou tel secteur d'entreprise. L'intermodalité, c'est-à-dire le recours à différents modes de transport pour un même déplacement, offre une souplesse qui va dans ce sens. 
Concernant le transport de voyageurs, on assiste à une volonté de développer les modes de transport collectifs, destinés à endiguer l'usage massif de la voiture. Il est vrai que, tant qu'une agglomération n'est pas dotée d'un transport en commun en site propre (TCSP) élaboré en réseau et en complémentarité avec des itinéraires piétons ou cyclables, on peut difficilement exiger de ses habitants de laisser leur voiture au garage.

La préférence pour les modes de transport doux ou les transports en commun, suppose une certaine compétitivité à l'égard de la voiture, qui globalement fait encore défaut en France. Il est impératif, pour inverser la tendance, d'augmenter l'offre de ces modes alternatifs.

La gestion des flux est également importante : cadencement des trains régionaux, fluidité de la circulation en ville, ou au contraire aménagements destinés à ralentir et contraindre le trafic pour décourager les automobilistes.

Il arrivera bien un moment où le pétrole fera défaut, et c'est alors toute la question des véhicules alternatifs et des nouveaux carburants qui s'ouvre : véhicules électriques, hybrides, à biocarburant, à air comprimé, à hydrogène, etc. Quel qu'il soit, le véhicule de demain devra répondre à plusieurs critères : efficacité, économie d'énergie, écologie, coût raisonnable, facilité à être fabriqué en série, souplesse, confort. Et à ce petit jeu, la voiture électrique semble aujourd'hui plutôt bien placée.

 

MOBILITÉ ET DÉVELOPPEMENT DURABLE : UN VÉRITABLE TRANSPORT DE FONDS

Le transport durable n'est évidemment pas une affaire nationale, dans la mesure où les échanges dépassent depuis longtemps les frontières des pays. En ce qui concerne la France, par exemple, c'est l'Union Européenne qui détermine la politique des transports, en agissant sur l'ensemble des leviers disponibles. À partir du constat selon lequel croissance économique égale croissance des transports, l'Europe a pris le parti de développer la mobilité, afin de soutenir une économie dynamique et compétitive, tout en accordant une prime aux transports les plus écologiques. À cet effet,

  • elle édicte les règles en matière de concurrence,
  • elle incite les entreprises à adapter leurs politiques de transport,
  • elle définit les tarifs,
  • elle établit les normes techniques,
  • elle investit massivement dans les programmes d'aménagement et de développement d'infrastructures, notamment à travers le Réseau Trans-Européen de Transport (RTE-T).

 

À travers le Grenelle de l'Environnement, la France pose comme objectif de réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports d'ici à 2020. Rappelons en effet que les déplacements des ménages sont responsables en France de 28% des émissions de gaz à effet de serre, et le transport de marchandises de 17% de ces mêmes émissions.

Pour atteindre ses objectifs, le Grenelle prévoit :

  • d'augmenter la part de marché du non routier dans le transport de marchandises,
  • de moderniser le réseau ferroviaire national,
  • de développer un réseau d'autoroutes ferroviaires à haute fréquence et un réseau de transport combiné,
  • d'interdire la circulation sur les lignes électrifiées de tout train utilisant un mode de propulsion autre qu'électrique,
  • de développer les capacités portuaires,
  • d'assurer une desserte terrestre efficace des grands ports maritimes français par les modes de transport massifiés, ferroviaire et fluvial,
  • d'accroître les capacités de desserte fluviale des ports maritimes,
  • de prélever sur les poids lourds une éco-redevance à compter de 2011,
  • de développer les transports collectifs,
  • de réduire les distances parcourues par les avions et les temps d'attente et de roulage,
  • de co-financer un programme d'investissements permettant la réalisation de 2 000 kilomètres de lignes TGV d'ici à 2020 (part de l'État : 16 milliards d'euros),
  • d'encourager la mise en place de plans de déplacement d'entreprises, d'administrations, d'écoles ou de zones d'activité, ainsi que le covoiturage, l'auto-partage et le télétravail, la marche et le vélo,
  • de défendre l'objectif communautaire de 120 grammes de dioxyde de carbone par kilomètre d'ici à 2012 pour les véhicules particuliers neufs.

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres définition du développement durable et de l'ISR


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