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L'habitat durable

L'habitat durable est avec le développement du transport durable, le chantier majeur de la politique de réduction des gaz à effet de serre. La maison écologique vise la réduction des impacts sur l'environnement : les consommations d'énergie, l'utilisation des matières premières, les déchets, la consommation d'eau, la consommation d'espace. Où en est-on avec l'habitat durable en France aujourd'hui ? 

LES PRINCIPES DE L'HABITAT DURABLE

L'habitat durable renvoie à la triade suivante :

  • la maîtrise de l'énergie : il faut réduire les consommations des bâtiments.
  • l'intégration de l'habitat au territoire : l'habitat durable préserve les aménités de l'environnement. Au lieu de céder à ce désir si fort qu'ont les Français pour la maison individuelle isolée, l'habitat durable constitue une alternative au mitage généralisé, c'est-à-dire à l'installation progressive, dispersée, anarchique, de constructions dans un paysage rural.
  • le choix des matériaux pour la construction ou la réhabilitation. La méthode du bilan carbone des habitations durables prend en compte l'énergie qui a été consommée pour exploiter les matières premières, les transformer, pour fabriquer les matériaux, les stocker, les transporter, et assurer le traitement des déchets qui en découlent, ainsi que le recyclage des produits en fin de vie.

D'autres points sont également très importants, comme la gestion des déchets ménagers, la gestion de l'eau, et la gestion des déchets de chantier lorsqu'il s'agit de constructions neuves.

 

L'HABITAT DURABLE ET L'ENERGIE

La consommation énergétique du bâtiment représente en France 40% de la consommation totale, et environ 20% des rejets de gaz à effet de serre, qu'on considère comme responsables du dérèglement climatique. Et la consommation des ménages représente à elle seule 33% de la consommation totale (le reste concerne les 800 millions de m2 de bureaux).

Autres chiffres qui donnent une idée des chantiers prioritaires : le chauffage des ménages à lui seul représente 14% des émissions totales de gaz à effet de serre sur le territoire français. Dans la maison, il représente en moyenne 70% des dépenses énergétiques domestiques (les 30% restants sont constitués de l'eau chaude sanitaire, de l'éclairage et des équipements ménagers).

S'attaquer aux dépenses de chauffage nécessite non seulement de doter les logements d'appareils de chauffage performants, mais surtout de limiter les consommations elles-mêmes en travaillant sur l'isolation - sans oublier d'adapter ses comportements, bien sûr.

En France, les consommations d'électricité pèsent assez peu dans le bilan des émissions de gaz à effet de serre, puisque celle-ci est fournie par l'énergie nucléaire à 80% (à 10% par les énergies fossiles). Le recours à l'énergie solaire photovoltaïque, par exemple, constitue donc essentiellement un moyen de réduire les déchets radioactifs.

 

L'HABITAT DURABLE : UNE MAISON HI-TECH ?

Le caractère innovant des constructions durables fait souvent oublier que c'est essentiellement le bâti ancien qu'il faut améliorer, puisque le parc de logements neufs ne représente qu'1% du parc total. Comme le parc de logements anciens, en particulier celui d'avant 1974, est le moins performant, il constitue la cible prioritaire des mesures à prendre en matière d'économies d'énergie. Et la France compte 31 millions de logements anciens.

Aujourd'hui, on considère qu'une maison durable est :

  • soit une habitation à basse énergie, dont la consommation de chauffage en particulier se situe aux environs de 50kWh/m² de surface au sol;
  • soit une maison passive, c'est-à-dire ne nécessitant plus d'être chauffée activement, quelle que soit la saison;
  • soit une maison à énergie positive, c'est-à-dire totalement autonome grâce à l'utilisation des énergies renouvelables, et capable de produire au-delà des besoins énergétiques des résidants - et donc de restituer l'énergie non consommée sur le réseau commun.

Attention ! ce serait une erreur de croire que les habitations durables se réduisent aux techniques de construction des bâtiments. Le choix du site de résidence, en particulier, est tout à fait essentiel. Un pavillon HQE construit en pleine campagne est une hérésie en matière durable, ne serait-ce que si l'on considère les déplacements en voiture que l'éloignement de la maison entraîne systématiquement. Or, le coût d'une maison ne se réduit pas au seul prix d'achat : il doit intégrer le coût des déplacements quotidiens.

Il faut bien reconnaître que, tant que les voitures fonctionneront au pétrole, la maison isolée à la campagne, même de très haute performance énergétique, représentera un coût financier et environnemental considérable, auquel il faudra souvent ajouter les coûts induits par la construction de nouveaux équipements ou infrastructures (réseaux d'eau, d'assainissement, d'électricité, de téléphone, de gaz, de câble, etc.).

 

LES OBJECTIFS DU GRENELLE DE L'ENVIRONNEMENT EN MATIERE D'HABITAT DURABLE

Concernant les bâtiments neufs, le but est de généraliser les bâtiments à énergie positive d'ici 2020, en passant par différentes étapes. " Dès avant 2012, tous les bâtiments neufs construits en France répondront aux normes dites de " basse consommation ", déclarait le Président Sarkozy le 25 octobre 2007 ; et dès 2020, tous les bâtiments neufs seront à énergie positive [...] ".

Les bâtiments publics devront réduire dès maintenant leur consommation d'énergie de 20%, ce qui correspond à la norme de "très haute performance énergétique" que Jean-Louis Borloo veut atteindre dès 2010. Les aides à l'amélioration de la performance énergétique des bâtiments neufs ne seront plus basées seulement sur des critères comme la performance des produits ou des équipements, mais sur la performance globale, en conformité avec les objectifs de 2012.

Pour la catégorie des bâtiments anciens, l'objectif est de réduire les consommations d'énergie de 38% d'ici 2020.

Le programme commencera par les 800 000 logements HLM aujourd'hui dégradés. Quant aux bâtiments de l'État, ils devront être réhabilités d'ici 2012, avec pour objectif de réduire d'au moins 40 % les consommations d'énergie et d'au moins 50 % les émissions de gaz à effet de serre de ces bâtiments dans un délai de dix ans.

À l'attention des particuliers, ménages propriétaires et syndicats de copropriétaires, l'État mettra en place des incitations financières destinées à encourager la réalisation des travaux :

  • a) des prêts spécifiques, dont la durée d'amortissement est calibrée sur les économies d'énergie issues des travaux. L'éco-prêt à taux zéro, par exemple, permettra d'emprunter sans payer d'intérêts jusqu'à 30 000 euros pour financer d'importants travaux d'amélioration thermique (300 euros le m2).
  • b) les crédits d'impôt sur le revenu, pour des réhabilitations donnant lieu à des économies d'énergie dans les logements locatifs, ou des acquisitions d'équipements performants, sont relancés, alors qu'ils devaient s'arrêter en 2009 pour les fenêtres et autres chaudières au bois. Les incitations porteront sur les produits les plus performants et seront réduits pour les pompes à chaleur.
  • c) la déduction des intérêts d'emprunts contractés pour l'achat d'un logement vert, passe à 40% sur 7 ans pour l'achat d'un appartement à basse consommation énergétique (il est actuellement de 40% la première année, et 20% les quatre années suivantes) est bonifiée.

 

Dans le même sens, il faut aussi mentionner une convention prise par des professionnels de l'immobilier, visant à afficher la performance énergétique (DPE) dans les annonces immobilières, afin qu'elle constitue enfin un élément essentiel du choix d'acquisition ou de location d'un bien. De nombreux propriétaires pensent en effet à mettre aux normes leur habitation, mais reculent à l'idée que le montant de leurs travaux ne sera pas valorisé lorsqu'ils revendront leur bien.

Espérons que ces aides de l'État contribueront à transformer progressivement le parc immobilier français.

 

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres définition du développement durable et de l'ISR


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