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L'agriculture durable

Il n'y a pas qu'une seule agriculture durable, mais DES agricultures durables qui mettent plus ou moins l'accent sur chacun des aspects environnemental, économique ou social du développement durable. Près de la moitié de la population active sur la planète travaille dans l'agriculture, ce qui renforce l'intérêt de se tourner vers le "durable".


LES PRINCIPES DE L'AGRICULTURE DURABLE

L'agriculture durable répond globalement à une triple exigence:

  • produire des aliments de qualité, qui contribuent à une bonne santé;
  • produire suffisamment de denrées pour subvenir aux besoins croissants d'une population qui s'accroît constamment;
  • préserver l'environnement des excès qui ont été longtemps pratiqués par les types de production conventionnels ou productivistes, et qui rendent difficile l'exploitation des ressources naturelles par les générations futures.

Plus concrètement, une agriculture durable vise différents objectifs:

  • réduire l'usage d'intrants (engrais, amendements, produits phytosanitaires, etc.) afin de préserver les ressources d'eau;
  • utiliser des pratiques qui évitent les labours trop profonds et le désherbage, qui sont des pratiques très répandues, responsables des phénomènes d'érosion et d'appauvrissement des sols;
  • viser à garantir au consommateur des produits sains, notamment en limitant l'utilisation de pesticides, qui du reste peuvent également nuire à la santé des agriculteurs eux-mêmes.

QUELS IMPACTS L'AGRICULTURE DURABLE S'EMPLOIE-T-ELLE A REDUIRE?

L'évolution de l'agriculture selon des critères durables représente un ensemble d'enjeux tout à fait décisifs, en premier lieu parce qu'elle concerne la profession la plus répandue dans le monde: 1,3 milliards d'individus travaillent dans l'agriculture, ce qui représente 45% de la population active mondiale. 

L'agriculture est par ailleurs une grande consommatrice d'espace. Or, alors que la population mondiale augmente continûment, la progression des espaces cultivés ralentit, à cause principalement de l'érosion et de l'appauvrissement des sols. Cette diminution des surfaces cultivées dans le monde devient particulièrement problématique, puisque la solution consiste le plus souvent à défricher massivement des espaces forestiers entiers (en Afrique, en Amazonie, en Indonésie notamment). 

Dans l'Union Européenne, 45% du territoire sont composés de terres agricoles. L'exploitation des ressources naturelles dans le cadre de l'agriculture est donc considérable, et la Politique Agricole Commune (la PAC), qui visait une agriculture intensive, a soutenu le recours systématique aux engrais et aux pesticides. Or, des apports massifs en nitrates et en phosphore, ainsi que l'usage de pesticides durant des décennies, sont largement responsables de la pollution de l'eau, et contribuent à la destruction de nombreux écosystèmes. Localement, certaines régions manquent d'eau à cause d'une consommation excessive par l'agriculture - en particulier la Grèce, l'Espagne et le Portugal, qui ont énormément recours à l'irrigation, mais c'est également le cas dans le sud de la France. Enfin, les paysages des campagnes se sont uniformisés sous la pression de modes de gestion et d'exploitation qui se sont intensifiés et spécialisés. 

DES PERSPECTIVES POUR LE MOINS PROBLEMATIQUES A L'ECHELLE MONDIALE

L'Union Européenne, qui va soutenir financièrement les nouveaux membres de l'Europe de l'Est au moyen de la PAC, comme elle l'a fait pour la France pendant 50 ans, va-t-elle soutenir une agriculture véritablement durable? Disons que la machine est lancée, puisque des critères d'éco-conditionnalité des aides ont été mis en place dès 1993. En cas de non-respect d'exigences en matière d'environnement, de santé publique et de santé animale et végétale, les paiements directs des aides compensatrices sont réduits. 

Plus généralement, l'Union Européenne oriente sa stratégie environnementale vers les zones rurales, selon le principe du développement rural, qui bénéficiera en particulier à la Roumanie et à la Bulgarie. 

Mais à l'échelle internationale, comment faire en sorte que les pays émergents développent principalement des agricultures durables, alors que le recours aux intrants d'origine chimique, l'industrialisation de l'agriculture, l'irrigation généralisée et d'une manière générale le productivisme, ont permis aux États-Unis et à l'Union Européenne (la France en tête), de devenir de véritables puissances agricoles? Et comment par ailleurs promouvoir des techniques douces, alors même que les techniques productivistes ont déjà permis d'améliorer les situations alimentaires de l'Inde et de la Chine? 

Localement, le respect de critères écologiques dans les techniques agricoles est tout à fait envisageable, mais à grande échelle, la situation se heurte à deux facteurs de grande production: la viabilité économique (la rentabilité) et la viabilité sociale (en l'occurrence la capacité à nourrir suffisamment d'individus). D'autant plus que la population mondiale augmente d'un milliard tous les 12 à 13 ans, et que les besoins de la population actuelle ne sont aujourd'hui même pas satisfaits. La marge de développement de l'agriculture est donc considérable. Dans ce contexte difficile, le respect de l'environnement et de la santé publique sont de véritables défis à relever. 

Pour aller plus loin, retrouvez d'autres définition du développement durable et de l'ISR


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